Si je n’avais pas espéré commencer l’exploration de l’île dès mon premier weekend, la visite de Taipei était prévue « ASAP ». Ce n’est pas la petite heure de bus et la traversée de l’hôpital de Linkou qui allaient m’en empêcher. Je sais que vous vous demandez de quoi je parle alors, tout aussi étonné que vous par ces propos, je vais vous expliquer la mission bus pour aller à Taipei. Depuis notre campus, rien de compliqué, nous devons prendre une navette qui nous amène à Linkou, d’où nous devons ensuite prendre un bus nous menant à « Taipei Main Station ». Seulement, avant de monter dans ce bus nous devons traverser à peu près 300 mètres de couloirs d’hosto parce qu’à Linkou, ils ont la drôle ou bonne idée, au choix, de foutre la gare routière dans l’hôpital. Il n’est donc pas rare de croiser des malades sur brancard se rendant en salle de réanimation alors que vous vous dirigez vers le bus pour aller à Taipei. Je ne vous cache pas qu’on se demande un peu qui a pensé à ça un jour, mais bon, on s’y fait. Enfin presque…
Après trois petits quarts d’heure de route, on arrive gentiment à Taipei Main Station, après avoir croisé en chemin quelques temples, magasins extravagants et plusieurs centaines de deux roues. Pour vous déplacer à Taipei confortablement, la première étape est de vous procurer la « Easy Card » qui vous permet de prendre le métro en toute facilité (après avoir essayé de retenir les noms des lignes : Nangan, Yongning, Nanshijiao,…).
Sans trop savoir où aller, la première chose que nous voulions voir était le Taipei 101. Cette petite tour de 101 étages culminant à 509 mètres qui a l’air de vous dire « on blague pas à Taïwan ! ». Un monstre de verre et d’acier parmi tant d’autres vous me direz. Avouez tout de même que celui-là offre une architecture soignée que l’on épie sans lassitude.
Je vous l’ai dit, cette première visite de Taipei sans but précis était l’occasion de découvrir la capitale autrement que par les recommandations formelles des guides littéraires. Heureusement, Eddie, notre guide perso, était là pour nous indiquer quelques endroits où se rendre, à commencer par Ximen (prononcez Shimen). Sorte d’énorme zone commerciale en pleine ville aux allures de fête foraine. Ebloui par les lumières, étourdi par les bruits, ébahi par le curieux spectacle qui s’offre à vous, vous marchez sans vraiment chercher où vous aller, vous entrez dans des magasins aussi grands qu’une cabine de douche proposant des peignoirs Bob l’éponge et autres bizarreries à la mode en Asie… Bref, vous prenez un malin plaisir à goûter à la douce frénésie taïwanaise qui vous évoque les quelques images que vous avez des mégapoles nippones vues dans les reportages du style « Kyoto : croissance, loisirs et surpopulation sans freins. »
Quelques jours après cette première acclimatation nous nous sommes donné un but précis pour notre deuxième rencontre avec Taipei. Au programme, visite du Musée d’Art Contemporain. Pas moyen de le louper, une sorte de sculpture d’arbustes représentant une fête à quatre (pour ne pas dire partouze) d’ours, ou autre bêtes à poils, vous indique l’emplacement.
Petit musée mais de bonnes œuvres y sont exposées qui en valent le détour. Surtout qu’en sortant du musée vous traversez un parc plein d’œuvres contemporaines, ou de délires des jardiniers de la ville, qui étonnent et font sourire.
Changement de décors pour celui plus classique du parc du Mémorial de la paix. Dédié aux milliers taïwanais qui, sous le régime de Tchang Kaï-chek, ont été violemment réprimés. Bien que ce parc n’évoque rien de très joyeux, il offre une agréable balade au milieu de temples, cours d’eau et végétation toujours aussi généreuse.
Taipei c’est aussi et surtout intéressant à la tombée de la nuit. Les rues s’illuminent par la bataille des enseignes commerciales, les routes s’encombrent de bouchons interminables, et les marchés nocturnes s’animent un peu partout dans la ville. Passage presque obligatoire pour les visiteurs, ces marchés sont de véritables institutions à Taipei. On y mange, on y achète de quoi se vêtir, on y joue, et on tente tant bien que mal de se frayer un chemin dans la foule compacte. C’est aussi l’occasion de goûter aux différents plats typiques à des prix qui défient toute concurrence. Alors vous vous laissez tenter par le « Tofu Puant » (choix que vous regretterez surement), l’omelette aux huîtres et le poulet frit.
Notre ami Eddie nous l’avait promis « après le Night Market, je vous emmène au Night Club ! ». Ancien clubber averti, Eddie connait les bonnes adresses pour profiter au mieux de la vie nocturne à Taipei. C’est donc au PaSoul que nous avons atterri, club installé dans un centre commercial désaffecté. Enfin, c’est l’impression que ça vous donne quand vous prenez l’escalator pour descendre dans la boîte. Là, vous commencez à ressentir des vibrations de musique hip-hop qui chatouillent vos tympans. Une fois sur la piste les vibrations chatouilleuses deviennent des secousses dans votre corps entier provoquées par des basses force 8 sur une échelle de 1 à 10 (cette échelle n’existe probablement pas, mais c’est pour vous donner une idée). Après quelques verres vous vous approchez du DJ qui jongle entre hip-hop, électro et R’n’B un peu dégueu (heureusement c’était rare). Vous vous mettez à crier « YEAHHH ! » et lever vos mains quand une espèce de Big Ali made in Taiwan, avec une queue de cheval de samouraï, se met à brailler dans le micro. Vous ne vous sentez plus quand le DJ joue Lean back, suivi de Next Episode. Vous n’êtes pas loin de l’état de transe quand il balance un puissant mix de Pon de Floor… Franchement, si on oublie les petits déchets de R’n’B mielleux, le son était parfait. La boîte est parfaite elle aussi. Après avoir payé votre entrée à peine vingt euros, les serveurs vous offrent ce que vous désirez sans vous demandez un sous de plus. Oui, je sais, vous êtes dégoutés de faire la teuf en France d’un coup…
Le son stoppe net, pas de préavis avec un réchauffement lumineux ou un son posé pour la fin. Aucun traitement de faveur pour les piliers de comptoir, tout le monde est gentiment poussé vers la sortie en moins de dix minutes. Personne ne bronche. Encore une manifestation de la discipline qui règne à Taïwan. Autant que le sens de l’hospitalité, celui de la discipline s’observe en permanence ici. Couloirs d’attente pour rentrer dans le métro, dans lequel il est interdit de mâcher du chewing gum (un agent de la « police du métro » me l’a fait savoir). Jamais de traversées des passages piétons sans le petit bonhomme vert. ZERO déchet par terre (pas même un mégot)… Bon, ce ne sont que des détails pas vraiment significatifs, mais suffisants pour vous surprendre et vous faire réfléchir sur ce que vous côtoyez quotidiennement en France.
PS : Pour les non initiés "ASAP" est l'acronyme de l'expression "As soon as posible" signifiant "dès que possible".
Merci pour cette visite Jérémie
RépondreSupprimerDe rien mon ami! J'essaierai de vous faire voyager autant que je peux ;)
RépondreSupprimerC'est vraiment un plaisir de lire tes articles et de découvrir un autre endroit de l'Asie !! Tu verras, une fois qu'on y est resté quelques mois, c'est dur de revenir :)
RépondreSupprimerProfite bien!
Alizé
Merci ! C'est un plaisir d'écrire ces articles, et surtout de lire des commentaires comme les tiens ;)
RépondreSupprimerJ'imagine que le retour doit être difficile... Mais n'y pensons pas pour l'instant :).
Hey Jeje, I recognize this crazy city! Hard to get there, easy to live!
RépondreSupprimerRecognize also this man, sitting on the bench. He was looking for peace before attend hot fury Taiwanese parties!haha kind of « shrub bears gang bang » last one in Pasoul ;)
take care bro'