Non, je ne vous abandonnerai pas. Non, je ne vous laisserai pas attendre dans l’impatience de lire du nouveau marmonnant « Bon, c’est quand la suite là ! ». Je sais que j’ai été silencieux depuis trop longtemps mais je suis persuadé que vous en comprendrez la raison. J’ai reçue la visite de Juliette qui est arrivée le vendredi 4 mars pour repartir dimanche dernier, le 13... Dix jours de séjour en amoureux à travers toute l’île que je ne manquerai pas de vous conter d’ici peu.
Mais aujourd’hui ce n’est pas le sujet car je souhaite revenir sur une petite excursion. Il y a deux weekends de cela j’ai accepté l’invitation de mes « classmates » (ça passe mieux que camarades de classe) à randonner dans les montagnes surplombant Taipei City. Celles au Nord Ouest de la ville plus précisément, avec pour objectif l’ascension du Mont Cising (prononcez Tjizin). J’ai l’impression que je vais prendre l’habitude de me lever à 8h les dimanches matins à Taïwan. En effet, le rendez-vous étant évidemment tôt le matin, j’ai subi le douloureux réveil qui nous fait déjà bien assez de mal toute la semaine… Je ne sais pas d’où j’ai puisé la force pour quitter ma couette chaude, mon oreiller moelleux, mon lit (pas vraiment douillet car je dors sur une planche) mais je l’ai fait. Fort heureusement, une bonne nouvelle m’a préservé d’un petit-déjeuner grognon avec pour seule idée en tête « Vivement ce soir que je retrouve mon lit ». Un petit tour sur léquipe.fr qui titre « Rennes, premier sans bruits» faisant référence à leur victoire du samedi soir contre le RC Lens. Comme quoi, ça ne tient pas à grand-chose la bonne humeur. Tout sourire, je rejoins mes amis qui m’offrent de quoi finir mon petit-déjeuner (légèrement sacrifié au profit de la lecture du moindre article sur le SRFC victorieux des « Sang et Or »).
L’avantage des dimanches matins à Taipei, c’est qu’on oublie presque l’existence des bouchons pouvant être copieux dans cette ville. Rien de très croustillant vous me direz, mais que voulez-vous, on se console comme on peut après le sacrifice de la grâce mat’ dominicale. La consolation est à son apogée lorsqu’on aperçoit le tableau des montagnes fumantes se dévoilant à mesure que la voiture avance. Ces anciens volcans ont envie de dire qu’ils ne sont pas complètement éteints laissant s’échapper des filets de vapeur de souffre en parcimonie. Un détail qui fait tout le charme de cette chaîne montagneuse rendant mes souliers impatients d’y mettre leurs pieds. Petite parenthèse : mes parents doivent se demander quelle mouche taïwanaise a bien pu me piquer, connaissant mon goût pour les réveils matinaux du weekend et la rando…
L’effet « montagne fumante » est encore plus saisissant quand on foule ses sentiers pentus. Il vous donne comme l’impression de marcher sur une énorme cocotte-minute. Vous comprenez rapidement que personne ne prépare de potion magique sous vos pieds quand l’odeur du souffre s’invite dans vos narines. Ce doux fumet sulfureux vous laisse plutôt imaginer que les égouts de la ville sont en ébullition là-dessous. Rassurez-vous, ces petits désagréments olfactifs n’interviennent que très rarement. Après une heure de marche et quelques troubles odorants, la beauté du paysage, visible depuis les nombreux panoramas sur la vallée, vous dévoile un des nombreux visages de Taïwan.
Vous l’aurez compris, l’offrande de ma grasse mat’ aux dieux de la rando a été dignement récompensée. Surtout qu’une rencontre complètement inattendue, témoignant aussi d’une sacrée coïncidence, a marqué cette matinée. NAN, jeune fille qui travaille pour un complexe hôtelier à Taïwan a étudié le management du tourisme en France pendant trois ans. Dans la ville d’Aix-en-Provence qui plus est. Elle parle un très bon français, connait plein de bonnes adresses d’hôtels un peu partout à Taïwan et peut m’avoir des prix dans quelques-uns de ces établissements. Une nouvelle qui tombait à pic ! En pleine préparation du voyage avec Juliette, les précieux conseils et les bons plans de Nan furent de bon augure.
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