mercredi 20 avril 2011

22 bougies en Asie

Depuis quelques années le 14 Avril devenait presque un jour comme les autres. Bien sûr,  je n’oublie pas le plaisir de recevoir les vœux des amis et de la famille, de savourer un bon gâteau maison avec Papa et Maman, de voir s’offrir un petit quelque chose en récompense d’avoir soufflé vos bougies… Ne croyez donc pas que je me morfonds sur mon sort pour cause d’anniversaire esseulé sans personne pour me le souhaiter. Que neni ! Tout de même, je dois vous avouer que le jour de l’anniversaire a perdu un peu de sa magie.


Retournons à l’école primaire par exemple.
L’époque où les deux jours que vous attendiez le plus dans l’année étaient Noël et votre anniversaire. Le second vous empêchait presque de dormir car il signifiait que vous deveniez officiellement « plus grand » (et ouais, +1 an on rigole plus). A l’école vous régaliez toute la classe à base de bonbecs et de gâteaux préparés avec Maman la veille. Et puis il y avait le goûter d’anniversaire à la maison où les plus VIP de vos potes étaient invités. Deuxième éclate de cochonneries et session jeux en tout genre dans le square de derrière… Ça me donne envie de rouvrir les albums photo d'un coup.

Au collège, c’est fini, plus de goûter.
Attends, il manquerait plus que ça ! On veut faire croire qu’on n’est plus des mioches, et on y croit dur comme fer. Il est donc proscrit de montrer toute nostalgie de la Primaire et de ses coutumes puériles (billes, Pogs, chât glacé,…). Essayez donc d’inviter vos potes de la 6ème 7 à un goûter le mercredi après-midi et vous passerez pour le Bisounours du collège entier jusqu’au lycée. C’est justement pour cela que l’anniversaire est aussi un jour déterminant au collège. C’est un pas de plus sur le chemin de la maturité qu’on croit gagner au nombre d’années. Pouvoir dire que vous avez 14 ans alors que la moitié de la classe en a que 13 et demi, ça fait de vous quelqu’un de respectable…   

Au lycée, on grandit un peu.
Dans la tête je veux dire. On remplit nos devoirs citoyens en luttant avec ferveur contre le CPE par exemple (haha !). On comprend que finalement l’âge n’est qu’un détail sans grande importance. On descend dans la rue car c’est insoutenable de laisser Fillon supprimer les TPE pour le Bac (double haha !). Bref, on ne cherche plus à croire qu’on est des grands car, pour le coup, on l’est vraiment. Et comme on est des grands on fête son anniversaire comme les grands. Et oui ! Le lycée c’est le début des soirées plus ou moins arrosées qui ont pour prétexte la célébration d’un anniversaire. Au passage, je me souviendrai toujours des doubles anniversaires avec mon frère Simon (aucun lien de parenté mais ça c’est un détail). Lui du 15 Avril, moi du 14. Le 2 en 1 parfait…


C’est simple, l’année de mes 18 ans a marqué la fin de ces anniversaires plein de fougue. La « der des der » j’ai presque envie de dire. Est-ce que l’Epée de Damoclès du vieillissement commence à faire son travail au point de m'ôter toute envie de célébrer ce beau jour ?... Mais non voyons ! Loin de moi cette angoisse de l’âge qui avance trop vite pour s'en rendre compte.



J’arrête là avec mon auto-psychanalyse biographique qui vous endort et je vous raconte ce qu'est l’art de célébrer votre anniversaire à Taïwan. Preuve à l’appui, mes 22 ans dernièrement fêtés à Taïwan qui m’ont redonné le goût du joyeux anniversaire !

Tout commence par cette incroyable surprise que l’on m’a réservée lors de notre cours d’échange linguistique. Pour info, on a un petit groupe d’étudiants taïwanais à qui on enseigne le français et qui essaye en retour de nous faire dire plus de trois mots de chinois. Bref, quand je suis rentré dans notre salle de travail je suis tombé nez à nez avec un gâteau coiffé de deux bougies et nos « élèves » qui chantaient en cœur « Happy birthday to you ». Je n’étais pas loin de lâcher une larme quand j’ai vu (ou que mon ventre a vu) les pizzas qu’ils ont fait livrer pour l’occasion. D’abord parce que c’est vraiment un très beau geste, ensuite parce que je prie à peu près tous les jours pour bouffer quelque chose bien de chez nous. Certes, la pizza n’a pas vraiment d’origine française mais elle l’est d’adoption en tous les cas. Quelques mois à Aix-en-Provence m’ont suffi pour m’y rendre accroc, avec un taff de plongeur en pizzeria aggravant mon cas de «pizzacomane». D’ailleurs, si vous cherchez un endroit sympa, vraiment chaleureux où l’on se régale à coup sûr à Aix, laissez-moi vous recommander La Familia, rue Boulegon. Mesdames, vous succomberez au charme irrésistible des gentlemen qui vous serviront. Messieurs, vous pourrez affirmer avec entrain « je me suis cassé le bide ! ». 




Cinq pizzas et un gâteau plus tard, je suis prêt à tout donner au karaoké. Bien que cela vous surprenne, cette deuxième étape n’avait rien d’une surprise. Melody, une amie que je ne vous présente plus, avait tout organisé une semaine à l’avance. Nous nous sommes donc réunis en petit comité dans un KTV, chaîne nationale de karaokés à Taïwan, où une salle privative avait été réservée, rien que ça.

Je m’arrête quelques instants sur cette activité qui évoque plus un thème de soirée de camping vendéen chez nous mais qui est une véritable institution ici. Le karaoké est un loisir très populaire dans plusieurs pays d’Asie, que l’on peut pratiquer dans des endroits complètement dédiés, comme les KTV à Taïwan par exemple. Je ne sais pas vraiment comment qualifier ces lieux puisqu’on peut y manger à volonté, boire un verre ou deux et bien sûr chanter, dans des salles privées ou ouvertes au public. En plus du bon moment passé avec mes amis, cette soirée fut aussi une vraie découverte. Je vous jure, quand on voit comment les taïwanais donnent tout à chaque chanson, ça surprend. C’est qu’ils sont doués en plus. Et ça part en duo fille-gars sur une chanson de variet’ chinoise à la Maurice Benguigui (aka Patrick Bruel). Tout le monde se met à s’exciter et sauter sur les canapés, tonnerres d’applaudissements et cris de groupies après chaque perf’… Une expérience en soi.

Sur la fin, j’ai eu le droit à la version chinoise de « Joyeux anniversaire » interprétée par Eddie, et des cadeaux de la part de tout le monde. Comme pour les pizzas, la larmichette n’était pas loin.




Aujourd’hui, j’ai encore eu une surprise d’une camarade de classe qui m’a offert un petit cadeau. Je crois d’ailleurs que c’est le mot qui résume au mieux mon 22ème anniversaire : la surprise. Celle qu’on a diaboliquement préparée dans votre dos pour le plaisir de voir votre visage exprimer étonnement, incompréhension et  joie à la fois… Pour le plus grand bonheur du surpris !

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