jeudi 28 avril 2011

60 jours, 60 nuits

Vous vous rappelez de cette émission produite par Canal en 2003 ? Mais si, celle qui nous faisait découvrir les vies passionnantes de Joey Starr et Fancis Lalanne tous les soirs en clair. Celle qui nous offrait des grands moments de télévision comme cette fois où l’ami Starr nous montrait tour l’amour qu’il éprouve pour son singe.


Ça y est, ça vous revient ? Tant mieux car ce dont je vais vous parler n’a aucun rapport. Le seul lien entre ce genre d’hommage à la débilité, véritable gangrène télévisuelle dont la popularité grimpante a de quoi effrayer, et la suite de mon article est le titre. 60 jours et 60 nuits comme le temps écoulé depuis mon atterrissage à Taoyuan International Airport à bord du vol FD3656 (pour ceux que ça intéresse). 60 jours et 60 nuits comme la moitié de mon expatriation qui vient de s’achever. Inutile de vous dire que je n’ai pas vu le temps passé.


Pour ceux qui ont suivi, la dose de découvertes que j’ai prise pendant tout ce temps a surement sa part de responsabilité dans cette « téléportation temporelle ». Franchement quand je pense à ce jour où j’ai rencontré Seth Gueko à CDG qui montait dans le même avion que moi pour la Thaïlande, jour qui marquait le début de mon périple, j’ai vraiment l’impression de m’être découvert le pouvoir de voyager dans le temps en un clin d’œil comme ce bon vieux Hiro dans Heroes. J’ai réinventé le TGV : « Travel à Grande Vitesse »… Bon, il est temps que j’arrête les jeux de mots foireux, mais c’est dire à quel point tout cela passe vite. Et je n’ai pas l’impression que ça va en s’arrangeant. Demain je décolle pour Bangkok d’où je prendrai le train après-demain pour aller au Cambodge avec Juliette.  Je reviens ici le 8 mai et il me reste encore toute une moitié de Taïwan à découvrir. D’un côté c’est le deal parfait : une moitié de séjour pour une moitié de pays. Emballé c’est pesé !


Je vais donc vous laisser sans nouvelles pendant une dizaine de jours. Vous me direz « bah on commence à être habitué feignasse ! », en pensant à mon rythme d’écriture qui lui a décidé de voyager en slow motion. Mais prenez votre mal en patience chers lecteurs (ça donne des frissons d’écrire ça je vous jure) car ce qui arrivera prochainement est plutôt prometteur. Et puis en attendant vous pourrez trouver votre bonheur sur ce blog.  Vous ferez le fier auprès de vos potes, vos collègues, les meufs/mecs que vous draguez, en glissant quelques infos que ces blogueurs fous vous révéleront sans relâche. Tant pis, je prends le risque de tous vous abandonner à leur profit car ce blog comporte un fort risque d’addiction. Que voulez-vous, quand on aime on ne compte pas ! 


mercredi 20 avril 2011

22 bougies en Asie

Depuis quelques années le 14 Avril devenait presque un jour comme les autres. Bien sûr,  je n’oublie pas le plaisir de recevoir les vœux des amis et de la famille, de savourer un bon gâteau maison avec Papa et Maman, de voir s’offrir un petit quelque chose en récompense d’avoir soufflé vos bougies… Ne croyez donc pas que je me morfonds sur mon sort pour cause d’anniversaire esseulé sans personne pour me le souhaiter. Que neni ! Tout de même, je dois vous avouer que le jour de l’anniversaire a perdu un peu de sa magie.


Retournons à l’école primaire par exemple.
L’époque où les deux jours que vous attendiez le plus dans l’année étaient Noël et votre anniversaire. Le second vous empêchait presque de dormir car il signifiait que vous deveniez officiellement « plus grand » (et ouais, +1 an on rigole plus). A l’école vous régaliez toute la classe à base de bonbecs et de gâteaux préparés avec Maman la veille. Et puis il y avait le goûter d’anniversaire à la maison où les plus VIP de vos potes étaient invités. Deuxième éclate de cochonneries et session jeux en tout genre dans le square de derrière… Ça me donne envie de rouvrir les albums photo d'un coup.

Au collège, c’est fini, plus de goûter.
Attends, il manquerait plus que ça ! On veut faire croire qu’on n’est plus des mioches, et on y croit dur comme fer. Il est donc proscrit de montrer toute nostalgie de la Primaire et de ses coutumes puériles (billes, Pogs, chât glacé,…). Essayez donc d’inviter vos potes de la 6ème 7 à un goûter le mercredi après-midi et vous passerez pour le Bisounours du collège entier jusqu’au lycée. C’est justement pour cela que l’anniversaire est aussi un jour déterminant au collège. C’est un pas de plus sur le chemin de la maturité qu’on croit gagner au nombre d’années. Pouvoir dire que vous avez 14 ans alors que la moitié de la classe en a que 13 et demi, ça fait de vous quelqu’un de respectable…   

Au lycée, on grandit un peu.
Dans la tête je veux dire. On remplit nos devoirs citoyens en luttant avec ferveur contre le CPE par exemple (haha !). On comprend que finalement l’âge n’est qu’un détail sans grande importance. On descend dans la rue car c’est insoutenable de laisser Fillon supprimer les TPE pour le Bac (double haha !). Bref, on ne cherche plus à croire qu’on est des grands car, pour le coup, on l’est vraiment. Et comme on est des grands on fête son anniversaire comme les grands. Et oui ! Le lycée c’est le début des soirées plus ou moins arrosées qui ont pour prétexte la célébration d’un anniversaire. Au passage, je me souviendrai toujours des doubles anniversaires avec mon frère Simon (aucun lien de parenté mais ça c’est un détail). Lui du 15 Avril, moi du 14. Le 2 en 1 parfait…


C’est simple, l’année de mes 18 ans a marqué la fin de ces anniversaires plein de fougue. La « der des der » j’ai presque envie de dire. Est-ce que l’Epée de Damoclès du vieillissement commence à faire son travail au point de m'ôter toute envie de célébrer ce beau jour ?... Mais non voyons ! Loin de moi cette angoisse de l’âge qui avance trop vite pour s'en rendre compte.



J’arrête là avec mon auto-psychanalyse biographique qui vous endort et je vous raconte ce qu'est l’art de célébrer votre anniversaire à Taïwan. Preuve à l’appui, mes 22 ans dernièrement fêtés à Taïwan qui m’ont redonné le goût du joyeux anniversaire !

Tout commence par cette incroyable surprise que l’on m’a réservée lors de notre cours d’échange linguistique. Pour info, on a un petit groupe d’étudiants taïwanais à qui on enseigne le français et qui essaye en retour de nous faire dire plus de trois mots de chinois. Bref, quand je suis rentré dans notre salle de travail je suis tombé nez à nez avec un gâteau coiffé de deux bougies et nos « élèves » qui chantaient en cœur « Happy birthday to you ». Je n’étais pas loin de lâcher une larme quand j’ai vu (ou que mon ventre a vu) les pizzas qu’ils ont fait livrer pour l’occasion. D’abord parce que c’est vraiment un très beau geste, ensuite parce que je prie à peu près tous les jours pour bouffer quelque chose bien de chez nous. Certes, la pizza n’a pas vraiment d’origine française mais elle l’est d’adoption en tous les cas. Quelques mois à Aix-en-Provence m’ont suffi pour m’y rendre accroc, avec un taff de plongeur en pizzeria aggravant mon cas de «pizzacomane». D’ailleurs, si vous cherchez un endroit sympa, vraiment chaleureux où l’on se régale à coup sûr à Aix, laissez-moi vous recommander La Familia, rue Boulegon. Mesdames, vous succomberez au charme irrésistible des gentlemen qui vous serviront. Messieurs, vous pourrez affirmer avec entrain « je me suis cassé le bide ! ». 




Cinq pizzas et un gâteau plus tard, je suis prêt à tout donner au karaoké. Bien que cela vous surprenne, cette deuxième étape n’avait rien d’une surprise. Melody, une amie que je ne vous présente plus, avait tout organisé une semaine à l’avance. Nous nous sommes donc réunis en petit comité dans un KTV, chaîne nationale de karaokés à Taïwan, où une salle privative avait été réservée, rien que ça.

Je m’arrête quelques instants sur cette activité qui évoque plus un thème de soirée de camping vendéen chez nous mais qui est une véritable institution ici. Le karaoké est un loisir très populaire dans plusieurs pays d’Asie, que l’on peut pratiquer dans des endroits complètement dédiés, comme les KTV à Taïwan par exemple. Je ne sais pas vraiment comment qualifier ces lieux puisqu’on peut y manger à volonté, boire un verre ou deux et bien sûr chanter, dans des salles privées ou ouvertes au public. En plus du bon moment passé avec mes amis, cette soirée fut aussi une vraie découverte. Je vous jure, quand on voit comment les taïwanais donnent tout à chaque chanson, ça surprend. C’est qu’ils sont doués en plus. Et ça part en duo fille-gars sur une chanson de variet’ chinoise à la Maurice Benguigui (aka Patrick Bruel). Tout le monde se met à s’exciter et sauter sur les canapés, tonnerres d’applaudissements et cris de groupies après chaque perf’… Une expérience en soi.

Sur la fin, j’ai eu le droit à la version chinoise de « Joyeux anniversaire » interprétée par Eddie, et des cadeaux de la part de tout le monde. Comme pour les pizzas, la larmichette n’était pas loin.




Aujourd’hui, j’ai encore eu une surprise d’une camarade de classe qui m’a offert un petit cadeau. Je crois d’ailleurs que c’est le mot qui résume au mieux mon 22ème anniversaire : la surprise. Celle qu’on a diaboliquement préparée dans votre dos pour le plaisir de voir votre visage exprimer étonnement, incompréhension et  joie à la fois… Pour le plus grand bonheur du surpris !

jeudi 14 avril 2011

Grandeur. Beauté. Bonheur

Ce titre me donne envie de partir en vers, d’envoyer des quatrains d’alexandrins, de jongler avec des rimes croisées, de faire danser les mots sous le son des allitérations (jamais je n’aurais cru employer ce vocabulaire un jour…). En réalité, ce n’est pas le titre en lui-même qui provoque un instinct poétique mais ce à quoi il se réfère.


Partir dans l’insouciance sans rien prévoir,
Voilà ce qu’il s’est passé dans nos vies ces derniers jours.
Revenir la conscience pleine d’images que vous peinez à croire,
Voilà qui donne matière à rêver pour toujours.


Ça y est, je crois que j’ai usé de mon stock de rimes. De toute manière je n’avais pas la prétention de vous conter ce morceau de vie, aussi poétique soit-il, à la V. Hugo. D’une, parce que dans quatre semaines et demie j’y serais encore. De deux, vu la pauvreté des pseudos vers que je viens de vous servir, il est préférable pour le bien de tous que je me cantonne à la narration.

Petite innovation tout de même puisque je vais laisser de côté le bon vieux récit chronologique pour une forme nouvelle d’écriture. Je vous résumerai notre dernier périple en trois grandes parties, chacune relative à l’un des termes du titre. Je pourrais d’ailleurs me contenter de vous laisser ces trois mots pour vous faire comprendre ce qui nous a mu et ému. Mais je connais votre appétit insatiable du détail alors vous ne demeurerez point sur votre faim quand ce texte trouvera sa fin.


GRANDEUR

J’ai appris que la Grandeur n’avait pas seulement un caractère physique. J’ai compris que la Grandeur pouvait aussi définir la force des qualités humaines d’une personne. Sauf qu’ici on ne raisonne pas à la marge car c’est un constat que l’on peut généraliser à l’égard du peuple taïwanais entier. Cette Grandeur humaine, qui n’arrêtera jamais de m’épater, a été notre fidèle accompagnatrice pour l’intégralité de notre expédition. Une compagnie pour le moins appréciable quand vous  arrivez dans une ville dont l’unique connaissance que vous avez est la brève description lue dans votre guide. D’une manière tout à fait naturelle on vous offrira gîte qu’elle que soit l’heure de la nuit ou du jour. Comme cette fois où nous sommes arrivés à Hengchun, petite ville à côté de Kenting, la station balnéaire au Sud de l’île dont la beauté fascinante a déjà eu droit à un article (cf. "Joindre les deux bouts"). L’ami d’un ami d’une amie nous a hébergés, restaurés pendant deux jours et, par la même occasion, enseigné une grande leçon de ce qu’on appelle Hospitalité.

Notre première étape à Kenting avait un dessein quelque peu festif car un gros festival musical,  le « Springscream » (Cri du Printemps), y était programmé pour le premier weekend d’Avril. Ce cri printanier taïwanais est en quelque sorte un échantillon de Springbreak américain. Des milliers d’étrangers, des teufs sur la plage, des concerts, des voitures à la Fast and Furious et une grosse ambiance de « tout est permis » pendant 48 heures.

[[Petite parenthèse pour ceux qui n’ont jamais entendu parler du Springbreak. C’est une coutume  américaine, qui s’observe en grande majorité chez la population estudiantine, consistant à festoyer intensément (pour rester poli) avant la préparation des examens de fin d’année. Le berceau de cette folie printanière est basé en Floride mais a tendance à s’exporter un peu partout dans le monde. Fermeture de la parenthèse]]

Cette fois la Grandeur était incarnée par cet énorme évènement fédérateur. La rencontre de milliers de festivaliers venus des quatre coins du monde sur une plage, non pas pour cramer sous les rayons du soleil mais danser sous ceux de la lune. D’une grande rareté, cette fiesta à ciel ouvert fut une expérience assez inouïe.





Mais l’immensité festive n’est rien comparée à l’éminence d’un accueil taïwanais. Ceci nous a été confirmé quand la ville Taitung et ses habitants nous accueillirent à « cœur ouvert ». Disons que les rencontres établies pendant nos trois jours sur la côte Est sont beaucoup trop fortes pour les restreindre à l’expression plus courante d’accueil « à bras ouverts ». Quand vous dîtes à un taïwanais que vous voulez voir du pays non seulement il excellera dans ce domaine mais il prendra aussi soin de vous faire vivre le pays. Il vous présentera à sa famille, qui vous invitera à dîner tout en vous proposant un hébergement et la visite guidée des moindres recoins de la région. Quand vient l’heure si redoutée du départ votre hôte vous laissera un souvenir trop grand pour tenir dans votre petite tête et un cadeau confectionné de ses propres mains… Vous retombez de très haut en retrouvant le béton et la grisaille de Taipei. Chute abyssale après une ascension humaine astrale.





BEAUTE

Aussi grande fut-elle, l’expérience humaine de notre séjour fut tout aussi belle. Mais qui dit séjour dit aussi rencontre avec de nouveaux paysages qui, vous le savez déjà, sont variés à Taïwan. Ceux de la côte Est nous étaient encore inconnus et la promesse d’un beau spectacle qu’on leur attribue a bien été tenue. La face Pacifique de l’île s’étend sur un territoire assez étroit, surmontée par la Cordillère centrale d’un côté et l’océan de l’autre. Vous ne savez donc quel côté admirer quand vous parcourez les routes qui traversent cette splendeur naturelle. Petit coup d’œil sur la droite : un océan déchaîné dont le fracas des vagues sur les rochers n’est pas loin de vous éclabousser. Rotation à 180 degrés : des montagnes abondamment boisées, partiellement cachées par une épaisse brume qui délivre un côté mystérieux à ces sommets rocailleux. Là vous vous dites que les caméléons sont chanceux.






 

 



La Beauté n’est pas seulement à voir. On peut la vivre. Un festival n’est pas qu’un rassemblement d’ivres. C’est une vraie heure de gloire. Celle de la musique qui nous envoie ses vibrations capables de faire danser à l’unisson une foule éclectique. A ce gros mouvement rythmique s’ajoute une touche artistique, celle des feux qui éclatent dans les cieux. Un instant de beauté festi-nocturne qui nous a envoutés jusqu’au lever du soleil. 
  




Je crains de subir des représailles d’une certaine personne en vous expliquant que la beauté a aussi (peut-être même surtout) un visage féminin à Taïwan… Mais je sais que ma bien-aimée ne m’en voudra pas pour cela. Et puis, Service Public oblige (je sais je l’ai piquée à Yann Barthès celle-là, mais je l’ai appelé et il était d’accord) je me suis promis de vous faire part aussi fidèlement que possible de mon périple. Je ne m’étalerai pas trop sur le sujet pour éviter de vraiment m’attirer les foudres de Juliette, alors comme à mon habitude je laisse vos yeux confirmer mes écrits.


 



BONHEUR

Tout comme la Grandeur humaine des taïwanais, le Bonheur nous a suivi partout pendant tout ce voyage. Le bonheur de se sentir comme à la maison grâce à une quasi intégration au foyer familial en guise d’hébergement. Le bonheur de rencontrer des gens toujours fascinés de faire votre rencontre. Et puis encore une fois, le bonheur de découvrir cette île pleine de belles surprises… Je pourrais encore écrire des pages de bonheur mais je préfère ne pas vous l’imposer car, je le sais, votre temps est précieux.


Je terminerai par une citation de mon pote, colloc et complice de tout ce voyage, David :

« Règle numéro 1 : toujours avoir un contact local. » 

Parce que l’on a été fidèle à ce fondement, nous avons connu un séjour plus qu’excellent.
Et puis on s’est mis d’accord sur la suite de cette théorie :

« Règle numéro 2 : toujours suivre la règle numéro 1. »