mercredi 2 mars 2011

Taipei, ça me plait !

Si je n’avais pas espéré commencer l’exploration de l’île dès mon premier weekend, la visite de Taipei était prévue « ASAP ». Ce n’est pas la petite heure de bus et la traversée de l’hôpital de Linkou qui allaient m’en empêcher. Je sais que vous vous demandez de quoi je parle alors, tout aussi étonné que vous par ces propos, je vais vous expliquer la mission bus pour aller à Taipei. Depuis notre campus, rien de compliqué, nous devons prendre une navette qui nous amène à Linkou, d’où nous devons ensuite prendre un bus nous menant à « Taipei Main Station ». Seulement, avant de monter dans ce bus nous devons traverser à peu près 300 mètres de couloirs d’hosto parce qu’à Linkou, ils ont la drôle ou bonne idée,  au choix, de foutre la gare routière dans l’hôpital. Il n’est donc pas rare de croiser des malades sur brancard se rendant en salle de réanimation alors que vous vous dirigez vers le bus pour aller à Taipei. Je ne vous cache pas qu’on se demande un peu qui a pensé à ça un jour, mais bon, on s’y fait. Enfin presque…


Après trois petits quarts d’heure de route, on arrive gentiment à Taipei Main Station, après avoir croisé en chemin quelques temples, magasins extravagants et plusieurs centaines de deux roues. Pour vous déplacer à Taipei confortablement, la première étape est de vous procurer la « Easy Card » qui vous permet de prendre le métro en toute facilité (après avoir essayé de retenir les noms des lignes : Nangan, Yongning, Nanshijiao,…).
Sans trop savoir où aller, la première chose que nous voulions voir était le Taipei 101. Cette petite tour de 101 étages culminant à 509 mètres qui a l’air de vous dire « on blague pas à Taïwan ! ». Un monstre de verre et d’acier parmi tant d’autres vous me direz. Avouez tout de même que celui-là offre une architecture soignée que l’on épie sans lassitude.





Je vous l’ai dit, cette première visite de Taipei sans but précis était l’occasion de découvrir la capitale autrement que par les recommandations formelles des guides littéraires. Heureusement, Eddie, notre guide perso, était là pour nous indiquer quelques endroits où se rendre, à commencer par Ximen (prononcez Shimen). Sorte d’énorme zone commerciale en pleine ville aux allures de fête foraine. Ebloui par les lumières, étourdi par les bruits, ébahi par le curieux spectacle qui s’offre à vous, vous marchez sans vraiment chercher où vous aller, vous entrez dans des magasins aussi grands qu’une cabine de douche proposant des peignoirs Bob l’éponge et autres bizarreries à la mode en Asie… Bref, vous prenez un malin plaisir à goûter à la douce frénésie taïwanaise qui vous évoque les quelques images que vous avez des mégapoles nippones vues dans les reportages du style « Kyoto : croissance, loisirs et surpopulation sans freins. »




Quelques jours après cette première acclimatation nous nous sommes donné un but précis pour notre deuxième rencontre avec Taipei. Au programme, visite du Musée d’Art Contemporain. Pas moyen de le louper, une sorte de sculpture d’arbustes représentant une fête à quatre (pour ne pas dire partouze) d’ours, ou autre bêtes à poils, vous indique l’emplacement. 


Petit musée mais de bonnes œuvres y sont exposées qui en valent le détour. Surtout qu’en sortant du musée vous traversez un parc plein d’œuvres contemporaines, ou de délires des jardiniers de la ville, qui étonnent et font sourire. 






Changement de décors pour celui plus classique du parc du Mémorial de la paix. Dédié aux milliers taïwanais qui, sous le régime de Tchang Kaï-chek, ont été violemment réprimés. Bien que ce parc n’évoque rien de très joyeux, il offre une agréable balade au milieu de temples, cours d’eau et végétation toujours aussi généreuse. 







Taipei c’est aussi et surtout intéressant à la tombée de la nuit. Les rues s’illuminent par la bataille des enseignes commerciales, les routes s’encombrent de bouchons interminables, et les marchés nocturnes s’animent un peu partout dans la ville. Passage presque obligatoire pour les visiteurs, ces marchés sont de véritables institutions à Taipei. On y mange, on y achète de quoi se vêtir, on y joue, et on tente tant bien que mal de se frayer un chemin dans la foule compacte. C’est aussi l’occasion de goûter aux différents plats typiques à des prix qui défient toute concurrence. Alors vous vous laissez tenter par le « Tofu Puant » (choix que vous regretterez surement), l’omelette aux huîtres et le poulet frit. 






Notre ami Eddie nous l’avait promis « après le Night Market, je vous emmène au Night Club ! ». Ancien clubber averti, Eddie connait les bonnes adresses pour profiter au mieux de la vie nocturne à Taipei. C’est donc au PaSoul que nous avons atterri, club installé dans un centre commercial désaffecté. Enfin, c’est l’impression que ça vous donne quand vous prenez l’escalator pour descendre dans la boîte. Là, vous commencez à ressentir des vibrations de musique hip-hop qui chatouillent vos tympans. Une fois sur la piste les vibrations chatouilleuses deviennent des secousses dans votre corps entier provoquées par des basses force 8 sur une échelle de 1 à 10 (cette échelle n’existe probablement pas,  mais c’est pour vous donner une idée). Après quelques verres vous vous approchez du DJ qui jongle entre hip-hop, électro et R’n’B un peu dégueu (heureusement c’était rare). Vous vous mettez à crier « YEAHHH ! » et lever vos mains quand une espèce de Big Ali made in Taiwan, avec une queue de cheval de samouraï, se met à brailler dans le micro. Vous ne vous sentez plus quand le DJ joue Lean back, suivi de Next Episode. Vous n’êtes pas loin de l’état de transe quand il balance un puissant mix de Pon de Floor… Franchement, si on oublie les petits déchets de R’n’B mielleux, le son était parfait. La boîte est parfaite elle aussi. Après avoir payé votre entrée à peine vingt euros, les serveurs vous offrent ce que vous désirez sans vous demandez un sous de plus. Oui, je sais, vous êtes dégoutés de faire la teuf en France d’un coup…

Le son stoppe net, pas de préavis avec un réchauffement lumineux ou un son posé pour la fin. Aucun traitement de faveur pour les piliers de comptoir, tout le monde est gentiment poussé vers la sortie en moins de dix minutes. Personne ne bronche. Encore une manifestation de la discipline qui règne à Taïwan. Autant que le sens de l’hospitalité, celui de la discipline s’observe en permanence ici. Couloirs d’attente pour rentrer dans le métro, dans lequel il est interdit de mâcher du chewing gum (un agent de la « police du métro » me l’a fait savoir). Jamais de traversées des passages piétons sans le petit bonhomme vert. ZERO déchet par terre (pas même un mégot)… Bon, ce ne sont que des détails pas vraiment significatifs, mais suffisants pour vous surprendre et vous faire réfléchir sur ce que vous côtoyez quotidiennement en France.


PS : Pour les non initiés "ASAP" est l'acronyme de l'expression "As soon as posible" signifiant "dès que possible".

jeudi 24 février 2011

Montagnes d'humanité

Soyons franc, j’avoue que je ne m’attendais pas à vivre ma première excursion taïwanaise seulement deux jours après mon atterrissage. Mais vous le savez, je vous en ai déjà touché deux mots (et tout me laisse à penser que j’en toucherais un paquet à ce propos) les taïwanais vous font comprendre, autrement qu’à travers une définition du Petit Robert (j’ai rien contre toi Bob) ce que veut dire le mot HOSPITALITE. Vertu qui doit surement être inscrite dans le patrimoine génétique de chaque natif de « ilha Formosa », pour reprendre l’expression des matelots portugais ayant découvert l’île. Nous avons donc été invités (Nous car j’étais accompagné de Mélanie) à passer notre premier weekend dans le comté de Nantou, au beau milieu des montagnes taïwanaises, au beau milieu de l’île taïwanaise.

Rendez-vous samedi matin à 8h car quatre bonnes heures de route sont nécessaires pour arriver à destination au départ de Taipei. Une complication a bien failli nous priver de ce séjour, mais c’était sans compter sur la serviabilité à toute épreuve de nos hôtes. Vivant à l’extérieur de Taipei, nous devons en temps normal nous y rendre en bus. Seulement, durant les weekends les premiers bus ne partent pas avant 8h. Nous avons donc fait part de ce problème qui, en l’espace d’un petit quart d’heure avait déjà sa solution. Eddie, l’un de nos amis et camarade de classe, a tenu à venir nous chercher à notre résidence pour nous emmener au point de rendez-vous, ce qui lui imposait un réveil bien matinal et presque deux heures de circulation en ville. Ceci nous a presque mis mal l’aise car il faut savoir qu’Eddie ne faisait pas parti du voyage à Nantou. Si l’un d’entre vous a déjà rencontré quelqu’un d’aussi gentil, qu’il me fasse signe…

Chaleureux remerciements à notre ami Eddie avant de monter dans le car pour connaître une nouvelle fois cette sensation de créer la surprise. Nous ne connaissions personne à part Melody, étudiante à Chang Gung University comme nous, qui nous a invités à ce séjour. Et, je vous le donne en mille, sensation qui se fait vite oublier grâce à un accueil qui vous donne l’impression d’être « l’invité d’honneur ». Présentations, discussions, rigolades, sieste, discussions, déjeuner avec beaucoup de rigolades, discussions, encore rigolades… Autant d’activités qui ne vous laissent guère le temps de réaliser que vous sillonnez les lacets goudronnés des montagnes de Nantou. Malheureusement, la météo, qui ne nous a pas offert grand-chose à part du brouillard épais comme des blancs à neige, nous a empêché de contempler le paysage le nez collé sur la vitre du car. Nous arrivons à notre auberge, isolée au milieu des palmiers et bambous, répartissons les chambres, et hop, c’est parti pour une ballade de presque deux heures. Vous vous en doutez, notre visibilité s’arrêtant aux dix premiers mètres devant nous, peu de photos à vous montrer. Je me suis juste un peu amusé avec le mode macro de mon appareil.






Je me souviens qu’on me disait « le grand air, ça creuse », étant petit. Après notre bonne ballade, un puits s’était creusé dans mon estomac. Mais le dîner qu’on nous a servi, le meilleur que j’ai mangé ici pour le moment, a fait taire dignement les gargouillements intempestifs de ce dernier. Poulet rôti, poisson grillé, émincé de porc, patates douces frites, pousses de soja, jeunes bambous bouillis, citrouilles frites… Le tout relevé de fines épices, accompagné de sauces aux arômes exotiques et partagé sur une plate-forme tournante au milieu de la table. Le comble de la convivialité et une explosion de saveurs pour le plus grand bonheur de nos papilles ! Quand on nous apporta le thé, nous avons eu droit à un concert privé d’un petit bout de 3 ans et demi, véritable juke-box sur pattes, qui s’avère être le petit fils de la patronne. Un grand moment.


A notre retour nous avons dégusté quelques fruits et fait plusieurs parties d’un jeu de société qui s’appelle « Cash and Guns ». Nous avons tellement ri que des crampes (légères) aux abdos me l’ont rappelé le lendemain. Vous en conviendrez, après une telle journée notre nuit de sommeil était plus que méritée.


Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas réveillé à 8h un dimanche (depuis que je ne me lève plus pour regarder les dessins-animés surement). Afin de respecter la tradition dominicale taïwanaise nous avons pris le petit-déjeuner à cette heure bien matinale. Un petit-déjeuner traditionnel qui fut, comment dire, plutôt riche… Bouillie de riz, viande froide en sauce, omelette aux champignons, tofu aux haricots rouges, quelques préparations de légumes et autres mets non identifiés. Franchement, pour le brunch c’est une tuerie. Mais à 8h… Bon, on aura essayé. L’avantage avec un tel plein de calories c’est que vous ne subissez pas le petit creux de 10h, et vous ne connaissez aucun creux avant midi d’ailleurs. Ça tombait bien parce qu’à 10h, nous sommes partis randonner à Jhushan, une forêt luxuriante où les urbains du Nord aiment venir se ressourcer le weekend pour oublier la fourmilière de Taipei. Plus chanceux que la veille, un beau soleil a fait son apparition nous offrant une vue magnifique sur la vallée. En revanche, quand nous sommes descendus en altitude après une longue et sportive marche, notre brouillard île flottante était plus que jamais présent.



Juste avant de reprendre la route pour Taipei nous nous sommes arrêtés dans un restaurant qui, en plus de servir d’excellents plats, nourrit nos yeux d’une beauté inouïe nommée « Cloud sea » (la Mer de nuages). 



Retour au dortoir du campus après de longues heures de route. Plein de belles images en tête mais ce que je retiendrai plus que tout de ce séjour ce sont les rencontres formidables avec des personnes qui ont le don de ne jamais vous faire sentir à l’écart. Vous savez cette sensation qu’on a tous connu au milieu d’un groupe d’amis bien établi dans lequel vous débarquez. Où vous essayez de vous intégrer, d’avoir des affinités, de rigoler, de vraiment discuter. C’est bien simple, à aucun moment du weekend je n’ai vécu ce genre de situation peu confortable. Sur le plan humain, nous vivons ici quelque chose de rare.   


 

lundi 21 février 2011

Les yeux qui scintillent

Ce séjour studieux à Taïwan est aussi synonyme de première(s) fois dans ma vie. Première fois que je quitte le sol Européen. Première fois que je prends l’avion aussi longtemps, avec petits écrans individuels (qui m’ont empêché de dormir d’ailleurs). Première fois que je demande un Passeport accompagné d’un Visa… Bref, je vais arrêter là la liste des choses intéressantes mais non moins nécessaires aux autres premières fois qui me font encore frissonner. J’ai commencé mon séjour en Asie par un passage au Royaume de Thaïlande où j’ai rejoint pour une semaine Juliette, ma chérie, qui effectue son semestre d’échange à Bangkok. Je dois dire que c’est un début qui a mis la barre tellement haut que je n’en suis toujours pas redescendu. Première fois dans ma vie que j’ai du mal à croire ce que je vois. Nous avons séjourné quatre jours sur l’incroyable île de Koh Phi Phi (prononcez Pi Pi). Une beauté si rare que tous les mots dont je pourrais user ne seront jamais assez fidèles pour traduire ce que j’y ai vu. Alors, comme une illustration vaut bien mieux que mille explications, je respecterai cet adage en vous laissant apprécier le paysage.













Aussi je vous recommande vivement de faire un tour par là afin de suivre en détail notre périple conté par Juliette. Et je vous invite également à lire toutes ses aventures en Thaïlande. Dépaysement garanti.

Clou du spectacle, mais aussi fin de l’escale thaï pour ma part, nous avons visité le plus grand temple de Bangkok nommé Grand Palace (pour la version anglaise). Changement de décors mais une nouvelle fois l’émerveillement connu à Koh Phi Phi était au rendez-vous lors de cette visite. Impressionnant par la diversité des couleurs, la qualité des moindres petits détails, l’architecture littéralement  inhabituelle et l’envie incontrôlable qui vous prend de vouloir tout photographier, ce temple a été la pièce ultime du séjour qui m’a permis de vivre la perfection le temps d’une semaine.
Bien entendu, je vous laisse vous faire votre idée avec ces quelques images.