jeudi 24 février 2011

Montagnes d'humanité

Soyons franc, j’avoue que je ne m’attendais pas à vivre ma première excursion taïwanaise seulement deux jours après mon atterrissage. Mais vous le savez, je vous en ai déjà touché deux mots (et tout me laisse à penser que j’en toucherais un paquet à ce propos) les taïwanais vous font comprendre, autrement qu’à travers une définition du Petit Robert (j’ai rien contre toi Bob) ce que veut dire le mot HOSPITALITE. Vertu qui doit surement être inscrite dans le patrimoine génétique de chaque natif de « ilha Formosa », pour reprendre l’expression des matelots portugais ayant découvert l’île. Nous avons donc été invités (Nous car j’étais accompagné de Mélanie) à passer notre premier weekend dans le comté de Nantou, au beau milieu des montagnes taïwanaises, au beau milieu de l’île taïwanaise.

Rendez-vous samedi matin à 8h car quatre bonnes heures de route sont nécessaires pour arriver à destination au départ de Taipei. Une complication a bien failli nous priver de ce séjour, mais c’était sans compter sur la serviabilité à toute épreuve de nos hôtes. Vivant à l’extérieur de Taipei, nous devons en temps normal nous y rendre en bus. Seulement, durant les weekends les premiers bus ne partent pas avant 8h. Nous avons donc fait part de ce problème qui, en l’espace d’un petit quart d’heure avait déjà sa solution. Eddie, l’un de nos amis et camarade de classe, a tenu à venir nous chercher à notre résidence pour nous emmener au point de rendez-vous, ce qui lui imposait un réveil bien matinal et presque deux heures de circulation en ville. Ceci nous a presque mis mal l’aise car il faut savoir qu’Eddie ne faisait pas parti du voyage à Nantou. Si l’un d’entre vous a déjà rencontré quelqu’un d’aussi gentil, qu’il me fasse signe…

Chaleureux remerciements à notre ami Eddie avant de monter dans le car pour connaître une nouvelle fois cette sensation de créer la surprise. Nous ne connaissions personne à part Melody, étudiante à Chang Gung University comme nous, qui nous a invités à ce séjour. Et, je vous le donne en mille, sensation qui se fait vite oublier grâce à un accueil qui vous donne l’impression d’être « l’invité d’honneur ». Présentations, discussions, rigolades, sieste, discussions, déjeuner avec beaucoup de rigolades, discussions, encore rigolades… Autant d’activités qui ne vous laissent guère le temps de réaliser que vous sillonnez les lacets goudronnés des montagnes de Nantou. Malheureusement, la météo, qui ne nous a pas offert grand-chose à part du brouillard épais comme des blancs à neige, nous a empêché de contempler le paysage le nez collé sur la vitre du car. Nous arrivons à notre auberge, isolée au milieu des palmiers et bambous, répartissons les chambres, et hop, c’est parti pour une ballade de presque deux heures. Vous vous en doutez, notre visibilité s’arrêtant aux dix premiers mètres devant nous, peu de photos à vous montrer. Je me suis juste un peu amusé avec le mode macro de mon appareil.






Je me souviens qu’on me disait « le grand air, ça creuse », étant petit. Après notre bonne ballade, un puits s’était creusé dans mon estomac. Mais le dîner qu’on nous a servi, le meilleur que j’ai mangé ici pour le moment, a fait taire dignement les gargouillements intempestifs de ce dernier. Poulet rôti, poisson grillé, émincé de porc, patates douces frites, pousses de soja, jeunes bambous bouillis, citrouilles frites… Le tout relevé de fines épices, accompagné de sauces aux arômes exotiques et partagé sur une plate-forme tournante au milieu de la table. Le comble de la convivialité et une explosion de saveurs pour le plus grand bonheur de nos papilles ! Quand on nous apporta le thé, nous avons eu droit à un concert privé d’un petit bout de 3 ans et demi, véritable juke-box sur pattes, qui s’avère être le petit fils de la patronne. Un grand moment.


A notre retour nous avons dégusté quelques fruits et fait plusieurs parties d’un jeu de société qui s’appelle « Cash and Guns ». Nous avons tellement ri que des crampes (légères) aux abdos me l’ont rappelé le lendemain. Vous en conviendrez, après une telle journée notre nuit de sommeil était plus que méritée.


Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas réveillé à 8h un dimanche (depuis que je ne me lève plus pour regarder les dessins-animés surement). Afin de respecter la tradition dominicale taïwanaise nous avons pris le petit-déjeuner à cette heure bien matinale. Un petit-déjeuner traditionnel qui fut, comment dire, plutôt riche… Bouillie de riz, viande froide en sauce, omelette aux champignons, tofu aux haricots rouges, quelques préparations de légumes et autres mets non identifiés. Franchement, pour le brunch c’est une tuerie. Mais à 8h… Bon, on aura essayé. L’avantage avec un tel plein de calories c’est que vous ne subissez pas le petit creux de 10h, et vous ne connaissez aucun creux avant midi d’ailleurs. Ça tombait bien parce qu’à 10h, nous sommes partis randonner à Jhushan, une forêt luxuriante où les urbains du Nord aiment venir se ressourcer le weekend pour oublier la fourmilière de Taipei. Plus chanceux que la veille, un beau soleil a fait son apparition nous offrant une vue magnifique sur la vallée. En revanche, quand nous sommes descendus en altitude après une longue et sportive marche, notre brouillard île flottante était plus que jamais présent.



Juste avant de reprendre la route pour Taipei nous nous sommes arrêtés dans un restaurant qui, en plus de servir d’excellents plats, nourrit nos yeux d’une beauté inouïe nommée « Cloud sea » (la Mer de nuages). 



Retour au dortoir du campus après de longues heures de route. Plein de belles images en tête mais ce que je retiendrai plus que tout de ce séjour ce sont les rencontres formidables avec des personnes qui ont le don de ne jamais vous faire sentir à l’écart. Vous savez cette sensation qu’on a tous connu au milieu d’un groupe d’amis bien établi dans lequel vous débarquez. Où vous essayez de vous intégrer, d’avoir des affinités, de rigoler, de vraiment discuter. C’est bien simple, à aucun moment du weekend je n’ai vécu ce genre de situation peu confortable. Sur le plan humain, nous vivons ici quelque chose de rare.   


 

lundi 21 février 2011

Les yeux qui scintillent

Ce séjour studieux à Taïwan est aussi synonyme de première(s) fois dans ma vie. Première fois que je quitte le sol Européen. Première fois que je prends l’avion aussi longtemps, avec petits écrans individuels (qui m’ont empêché de dormir d’ailleurs). Première fois que je demande un Passeport accompagné d’un Visa… Bref, je vais arrêter là la liste des choses intéressantes mais non moins nécessaires aux autres premières fois qui me font encore frissonner. J’ai commencé mon séjour en Asie par un passage au Royaume de Thaïlande où j’ai rejoint pour une semaine Juliette, ma chérie, qui effectue son semestre d’échange à Bangkok. Je dois dire que c’est un début qui a mis la barre tellement haut que je n’en suis toujours pas redescendu. Première fois dans ma vie que j’ai du mal à croire ce que je vois. Nous avons séjourné quatre jours sur l’incroyable île de Koh Phi Phi (prononcez Pi Pi). Une beauté si rare que tous les mots dont je pourrais user ne seront jamais assez fidèles pour traduire ce que j’y ai vu. Alors, comme une illustration vaut bien mieux que mille explications, je respecterai cet adage en vous laissant apprécier le paysage.













Aussi je vous recommande vivement de faire un tour par là afin de suivre en détail notre périple conté par Juliette. Et je vous invite également à lire toutes ses aventures en Thaïlande. Dépaysement garanti.

Clou du spectacle, mais aussi fin de l’escale thaï pour ma part, nous avons visité le plus grand temple de Bangkok nommé Grand Palace (pour la version anglaise). Changement de décors mais une nouvelle fois l’émerveillement connu à Koh Phi Phi était au rendez-vous lors de cette visite. Impressionnant par la diversité des couleurs, la qualité des moindres petits détails, l’architecture littéralement  inhabituelle et l’envie incontrôlable qui vous prend de vouloir tout photographier, ce temple a été la pièce ultime du séjour qui m’a permis de vivre la perfection le temps d’une semaine.
Bien entendu, je vous laisse vous faire votre idée avec ces quelques images.










Lost in translation

Mercredi 16 février 2011, 18h30. Premiers pas foulés sur le sol Taïwanais. Première confrontation avec les Taïwanais. Première impression qu’on vous donne, au travers de regards mêlés de surprise et de questionnement, d’être tout sauf Taïwanais. J’ai choisi ce titre en référence au film du même nom car je dois avouer que mes premières heures ont beaucoup ressemblé à celles de Bill Muray lorsqu’il arrive  au Pays du Soleil Levant. Agir sans comprendre vraiment pourquoi. Suivre sans savoir où l’on vous emmène. Assister à une discussion en essayant de deviner ce qui se dit sur vous. Découvrir ce que vous n’auriez jamais pu imaginer dans le plus bizarre de vos rêves (camion poubelle jouant en boucle un air de Chopin synthétisé pour annoncer son passage, petit bonhomme vert des passages piétons animés pour vous indiquer de traverser, …). 




Rassurez-vous cette sensation de débarquer en terre inconnue est très vite oubliée par un accueil des plus dignes que les taïwanais ont le secret de vous réserver à la moindre occasion. On s’assurera jusqu’à la dernière seconde que vous ne manquerez de rien, et l’on vous fera comprendre que vous pourrez toujours compter sur quelqu’un si le moindre petit besoin s’exprime. Bref, vous l’aurez compris, mes premières heures taïwanaises m’ont fait traverser un tas de sentiments et sensations encore inexplorés il y a peu de temps.

Ah, j’allais presque oublier de vous parler du réconfort que l’on connait en parlant sa propre langue avec quelqu’un qui vit la même expérience que vous. Oui, je ne suis pas le seul ambassadeur de la Tour Eiffel et de la Baguette sur l’île de Formose.  J’ai donc pu discuter longuement avec Mélanie, qui était dans ma classe à l’IAE, et on a partagé les mêmes impressions, les mêmes interrogations, et les mêmes surprises qui suscitent une irrésistible envie de rigoler, mais sans se moquer bien sûr.
Et puis, deuxième réconfort très important que je me dois de citer. Le vôtre apporté via les discussions en ligne sur Facebook, par mail ou sur Skype. Plus que jamais je remercie Internet et tous ses petits génies qui ont inventé ces outils !